Merlo

19 décembre 2010

Après 10 h de voyage confortable dans un bus, me voici dans un décor tout à fait différent. Merlo, jolie petite bourgade de la province de San Luis, au pied des colines, en plein milieu de la campagne. Je suis venue voir une partie des amis proches de la famille, branchés veggan food, bioconstruction, écologie. Bon. Même si je trouve la cause louable, la campagne trop campagne, c’est pas ma came. Les insectes gros comme le poing, je ne m’y fais guère.

Mais je dois dire que l’endroit est d’une incroyable beauté. Tout a été construit au fur et à mesure des envies de sa créatrice, on se croirait dans un décor emprunté à Georges Lucas, ou à Peter Jackson. A tout moment j’ai envie de voir apparaitre Willow et sa bande, sirotant des bières avec Frodon, en bavassant sur la meilleure manière de tuer un troll.

J’aime être ici.

Il y a si longtemps que j’avais besoin d’un vrai break, de changer de vie.

Ici, on dédramatise sur la procrastination. C’est d’ailleurs un peu pénible, parce qu’au final on ne fait pas grand chose, on parle beaucoup. Alors, faut le prendre avec philosophie. Moi qui angoisse au moindre imprévu, je pense que dans un sens ça me fait du bien. Il faut juste que je provoque un peu plus les choses, et c’est dans un sens un bon apprentissage. Moi qui déteste les indécis.

Une information inutile…

8 décembre 2010

En arrivant en Amérique du Sud, c’est à dire en posant le pied sur le sol Argentin, il y a un truc qui choque. Quelques jours après mon arrivée (il y a déjà longtemps), en attendant le métro, je lance un « dans le métro Parisien, et même à Marseille, il y a une pancarte qui dit le nombre de minutes à attendre avant le prochain métro… »

metro

 » – Mais c’est une information inutile!..

– Mais non, ça te permet d’être rassuré, de savoir si tu vas prendre celui là ou le suivant, si ça va être long ou pas. Enfin je sais pas, moi j’aime avoir cette information..

– Mais ça sert à rien, cette information elle stresse. Vous les Européens, vous courrez toujours après le temps… Nous on prend le temps de vivre.

– Faire attendre les gens c’est un manque de respect, non?

– Je ne comprends pas de quoi tu parles, ici c’est pas considéré comme un manque de respect.

– Je déteste attendre. L’autre jour, al Banco de la Nacion, ils m’ont juste fait attendre avec tous mes bagages, il faisait chaud, ils s’en inquiétaient pas trop. tu trouve ça normal?

– Tu restes combien de temps en Argentine, déjà?

– Bah un an, je sais pas encore…

– Tu vas changer, tu vas apprendre à prendre le temps.

– Je suis pas sûre d’avoir envie de changer..

– Apprendre à prendre le temps de vivre, tu vas aimer ça.

– Non mais la rapidité ça veut dire aussi l’efficacité dans le travail, faut pas tout mélanger, le week end,  je sais me détendre.

– C’est idiot comme raisonnement. On est sans doute aussi efficaces que vous, moins disciplinés, on met le même temps, sauf qu’on se stresse pas.

– J’ai jamais dit que vous étiez moins efficaces… mais ce truc de faire attendre les gens, ça provoque chez moi des réactions épidermiques….

– Tu vas changer…

– Grand dieu, j’espère que non.  »

Heureusement, j’ai toujours vécu dans le Sud de la France, je n’ose imaginer comment je le vivrais si j’étais Parisienne.