Camille & Lula

21 janvier 2011

Long time no see hu?

Plusieurs raisons, je n’ai pas internet là où je suis, tout ce que j’ai ramené d’Europe en électronique est hors d’usage, et puis j’avais pas vraiment envie d’écrire. J’ai pas eu de chance. L’appareil photo? volé. Le Blackberry? il a pris la pluie. Mon pc? décédé suite à une longue agonie.

Je suis toujours à Miramar, Province de Buenos Aires, Argentine. Soleil, plage,   inertie.

Je pense pas vraiment avoir appris sur moi durant ces deux derniers mois. Juste des vacances longues. Tant mieux, j’en avais besoin.

J’étais en train de me demander comment j’allais faire parce qu’il me reste plus beaucoup d’argent pour vivre, et que c’est tellement grave, parce que si j’ai  plus d’argent je vais mourir de faim, et que je suis angoissée rien que de penser mon compte vide… quand j’ai rencontré Camille, et Lula.

La première, née à Annecy, antropologue, 26 ans est partie voyager il y a 10 ans, en stop. La seconde, née à Buenos Aires, venue s’intaller dans le petit village de Miramar, 29 ans, et vécu jusqu’à il y a peu dans la peur.

Je réalise, en vrai, je ne suis pas partie pour passer un an de vacances. Ici et maintenant, je dois arrêter d’avoir peur. J’avance avec un putain de filet. ce que je fais c’est peu. Arrêter de croire que ça sera la fin du monde sans argent, et me mettre en campagne pour faire ma vie ici.

Loin de mes obsessions.

Merlo

19 décembre 2010

Après 10 h de voyage confortable dans un bus, me voici dans un décor tout à fait différent. Merlo, jolie petite bourgade de la province de San Luis, au pied des colines, en plein milieu de la campagne. Je suis venue voir une partie des amis proches de la famille, branchés veggan food, bioconstruction, écologie. Bon. Même si je trouve la cause louable, la campagne trop campagne, c’est pas ma came. Les insectes gros comme le poing, je ne m’y fais guère.

Mais je dois dire que l’endroit est d’une incroyable beauté. Tout a été construit au fur et à mesure des envies de sa créatrice, on se croirait dans un décor emprunté à Georges Lucas, ou à Peter Jackson. A tout moment j’ai envie de voir apparaitre Willow et sa bande, sirotant des bières avec Frodon, en bavassant sur la meilleure manière de tuer un troll.

J’aime être ici.

Il y a si longtemps que j’avais besoin d’un vrai break, de changer de vie.

Ici, on dédramatise sur la procrastination. C’est d’ailleurs un peu pénible, parce qu’au final on ne fait pas grand chose, on parle beaucoup. Alors, faut le prendre avec philosophie. Moi qui angoisse au moindre imprévu, je pense que dans un sens ça me fait du bien. Il faut juste que je provoque un peu plus les choses, et c’est dans un sens un bon apprentissage. Moi qui déteste les indécis.

Epilogue.

18 novembre 2010

« Ce terme désigne en général une partie finale ajoutée, comme de surcroît, à un discours, à un ouvrage, en lui-même complet » wikipedia

Il n’est pas commun de commencer par la fin. Et je ne commence pas. J’ai décidé de changer de vie. Je quitte l’Europe pour une durée indéterminée. Parce qu’à un moment, il faut se rendre à l’évidence, cette vie, elle est pas vraiment ce à quoi j’aspire. Travailler, attendre le week end pour s’amuser, faire des heures sups pour s’acheter un plasma, ou je ne sais quelle autre babiole indispensable à notre confort. Attendre 5 années pour pouvoir être augmenté de 200 €, s’acheter d’autres babioles indispensables. Ravaler ses ambitions, les réprimer, en avoir honte. Une petite vie avec un écran plasma, un mec, un poisson rouge. Attendre la mort.

Je pars pour oublier, pour connaître d’autres modes de vie, goûter à d’autres joies, d’autres peurs, vivre. Et enfermer mon passé dans un coffre, puis le perdre dans mon déménagement. Combien de personnes sur cette terre ont la chance un jour de changer de vie, de recommencer de 0 avec de l’expérience? Je ferme mes yeux et je réalise la chance que j’ai.

la liberté..

J’ai beaucoup douté, pleuré, mais à aucun moment je n’ai voulu renoncer. Le déménagement fut douloureux, une vraie torture. J’ai manqué de courage. Sans le support de mes amis et de ma famille, je n’aurais jamais réussi cette phase de renoncement.

Après quelques verres remplis de bulles et d’émotion de la marque « Veuve Clicquot », je m’apprête à passer la nuit la plus courte de ma vie.

aeroport cdg

Direction 24h de voyage. Ou plus, peut être 36, trop, quoi qu’il en soit. Mes yeux piquent à chaque fois que je sens les vibrations de mon Blackberry, que je serre fort dans ma main. Je me demande alors pour quelle foutue raison les gens attendent qu’on parte pour témoigner de l’affection.

S’en suit une terrible succession d’attentes dans les terminaux. Et puis l’Airbus A330 arrache ses 200 tonnes au sol français, je ne peux plus reculer, même si la question ne s’est jamais posée. La pire attente reste quand même celle à Guarulhos, Sao Paulo, que j’ai élu le pire aéroport de tous ceux que je connais.

guarulhos

Enfin dans l’avion, vient l’heure de la « collation ». On m’offre un café, un jus de fruits, et un mini alfajor Havanna. Bordel, ça y est je suis en Argentine.

 

Ezeiza, on me colle un putain de visa permanent sur mon passeport brésilien. Je suis chargée comme deux mules, qui plus est,  deux mules qui viennent de l’hémisphère boréal, là où il fait 10°C. Première mission, trouver le « Banco de la Nacion » qui a le meilleur taux de change de l’aéroport. Attente, transpiration, fatigue, puis, la délivrance.