Y? Te ubicas?

12 décembre 2010


Buenos Aires est une grande ville. La deuxième plus grande de l’Amérique du Sud après Sao Paulo. Grande comme deux fois Paris, avec un million d’habitants en plus. Et mon « légendaire » sens de l’orientation fait très mauvais ménage avec le plan d’urbanisme à damiers, que les colons espagnols ont implanté dans à peu près toutes les villes d’Amérique (nord ou sud).

Rien de plus difficile que de se faire aux divers réseaux de transports. Se rendre d’un point A à un point B demande un peu d’entrainement. Pourtant, les modes de transports sont divers, mais il y a plusieurs moyens de se perdre très facilement.

Tout d’abord, le train : le moyen le plus ghetto de se déplacer. C’est un peu comme le RER, mais ce n’est pratiquement jamais souterrain, et n’est jamais intégré dans le réseau de métro. Il faut de toutes manières lui préférer le métro, ou le bus. En effet, c’est la manière la plus populaire, parce que très peu cher, et quand je dis populaire, c’est plutôt ghetto, le mot juste. Il est juste très mal fréquenté, et comme dans tous les pays du monde, il vaut mieux éviter de traîner près des gares. De plus, les voies très mal entretenues font de ton voyage un chemin de croix.

Le métro : ici, on ne fait rien comme tout le monde, on l’appelle Subte. C’est vraiment pas comme à Paris. Il  a 5 lignes plus ou moins (plus sont en projet) et il n’y a pas des arrêts dans tous les quartiers. C’est néanmoins la manière la plus sûre de se déplacer. Toute la classe la plus haute prend le Subte, et je ne me suis jamais sentie angoissée, de la plus infime façon. Sur une des lignes, les métros sont encore en bois.

Sur deux lignes, la B et la D, plusieurs stations portent le même nom. Par exemple, il  a une station Callao sur la ligne B, et une sur la D. C’est super pratique pour donner des rendez-vous. Surtout qu’elles ne sont pas connectées.

Le Taxi : avant de partir, on m’avait fait promettre de pas prendre de taxis. Ces petites voitures reconnaissables à leur robe jaune et noire charrient des rumeurs tenaces. On a vite l’impression ici qu’il y a un taxi pour un habitant sur Buenos Aires, qui arpentent la ville tels des Nazguls, à la recherche de nouvelles victimes.

Et bien dans les faits… ce n’est pas plus dangereux qu’ailleurs de prendre le taxi, il faut juste prendre des précautions.
Il parait qu’on peut se faire enlever au détour d’une rue, juste pour se faire dépouiller. Une solution, planquer l’argent (toujours planquer l’argent) et surtout prendre des « Radio Taxi » car en cas de soucis, on peut se plaindre à leur hiérarchie. D’une manière générale, il faut éviter de prendre des taxis indépendants.
Le second problème, c’est l’échange de billets, sport national ici. Soit par de faux billets, soit pire, le chauffeur te prend pour un jambon. « Tu m’as donné un billet de 10$, tu t’es trompé, c’est un billet de 50$ qu’il me faut ». Dans ce cas, faut rester ferme, surtout quand on est bourré, à 6h du mat’.
Le dernier point, c’est quand on connaît peu la ville, le chauffeur peut faire des tours et des détours pour engraisser son compteur. Classique. C’est commun à quasi tous les chauffeurs de taxi du monde je pense. « Mec, t’es passé par Boston pour faire 5 pâtés de maisons? » ça m’est arrivé à Marseille, à Barcelone… De toutes manières, tu connais la ville. Depuis 6 mois, même si tu arrivé es hier.

Le Bus : AAAAAh le bus. Le moyen le plus pratique. Mais de loin le plus complexe. C’est la première fois que je vois que dans une même ville, il peut y avoir plusieurs entreprises de Bus qui sillonnent les rues. Il faut au moins un mois pour pouvoir comprendre leur satané Guide.

Outre le fait qu’il y a plus de 300 lignes, qu’il faut savoir par où elles passent et où elles s’arrêtent (le parcours n’est pas indiqué) il faut suivre sur le plan par où passe le bus. C’est coton quand on ne connait pas la ville. Et puis 🙂 on se croirait dans des montagnes russes, on risque sa vie à chaque carrefour. Là aussi, il n’y a pas d’horaires. On attend qu’il arrive, c’est tout. Ils fonctionnent de nuit comme de jour, et il n’est pas rare de voir deux bus de la même ligne se suivre au coude à coude.  J’ai compris récemment qu’ils avaient des espèce de « check point » dans la ville, et au plus ils en faisaient, au plus ils étaient payés. Je pense pas qu’écraser des piétons au passage leur apporte des pénalités.

Piéton : Dans Buenos Aires, de toutes manières, on marche beaucoup. Je me demande encore si renverser un piéton est un délit puni par la loi. Il suffit de traverser une avenue pour avoir un choc. Les gens ne regardent même pas qui traverse, ou ce qu’il se passe autour de leur putain de bagnole. À la vue d’un marcheur, ils se contentent de klaxonner et d’accélérer. L’espérance de vie à pied doit tourner au tour d’un quart d’heure.

 

Mais SURTOUT, ne dis jamais à un Argentin qu’il ne sait pas conduire.

 

 

 

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4 Réponses to “Y? Te ubicas?”

  1. penny said

    C’est assez vrai ce que tu dis mais pour bien conaitre Buenos Aires j’ai envie de rajouter quelques choses en plus.Pour le collectivo c’est exactement ca déjà que à Paris où j’habite j’ai du mal à connaitre toutes les lignes de bus la bas c’est encore pire,tu ne s’est jamais quand le bus arrive quand il faut changer de station.
    Pour le métro et le taxi je suis un peu mitigée par contre dans le subte il ya peu de lignes oui mais tu dis que c’est réservé aux classes hautes là bas je ne suis pas trop d’accord pour le prendre régulièrement dés que je vais à Buenos aires je dirais que c’est plus réservé à une petite classe moyenne et que jamais une personne de clases supérieurs ne prendrait le métro (comme en france d’ailleurs) mais c’est vrai qu’on voit moins de gens très pauvres par rapport aux trains de banlieux.Pour habiter à Paris je dirais juste que ce métro est moins cher,plus propre et plus sure que le métro parisien et il ya les fameuses petites télés qui me fascinais les premières où j’étais allée la bas.
    Pour le taxi je n’ai jamais eu de problèmes je le prend souvent mais que des radio taxis uniquement,quand je suis avec des gens je fais attention de ne pas parler français car comme dans beaucoups d’endroits les taxis adorent rouler les touristes.Sinon à part ca je n’ai jamais eu d’ennui j’ai du tomber une ou deux fois sur des chauffeurs louches et par contre il arrive fréquemment que le taxi n’est pas de ceinture de sécurité.
    Pour le piéton,il faut faire attention car beaucoup de collectivos ne s’arrêtent pas au feu pour aller plus vite,donc il faut faire vachement attention.
    Sinon ton blog et bien mais c’est marrant de voir qu’un même lieu peut être perçu de façon très différente selon les personnes.

    • Amazone said

      je me suis mal exprimée pour le métro. c’est vrai que ce n’est pas réservé aux classes hautes, mais comme tu dis, les classes très pauvres ne prennent pas le métro.
      Ce que tu dis sur le fait de ne pas parler français dans les taxis est très vrai aussi. Il faut faire super gaffe la nuit quand tu traverses, parce que effectivement les bus grillent les feux rouges.

      et bien évidemment, je n’écris que mon ressentiment sur le blog. j’adorerais lire d’autres trucs qui parlent de Buenos Aires.

      merci pour ton commentaire 🙂

  2. Elisa said

    Ton article c´est chouette.
    Je ne suis tout à fait d´accord, mais c´est bien vu 🙂
    Bien amicalement
    Elisa, à Rosario, en Argentine

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